Les troubles ou pertes de l’odorat et du goût

Updated: Mar 31

En étant l’un de ses symptômes invisibles les plus connus, les troubles de l’odorat et du goût ont été mis au grand jour lors de la pandémie de Coronavirus. Mais ils sont plus courants qu’on ne le pense : un Français sur dix en souffrirait selon une étude du CNRS de 2015. Alors, qu’entend-on par troubles de l’odorat et du goût ? Je vous détaille leurs caractéristiques dans cet article.


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Les troubles de l'odorat ou dysosmies


Les troubles ou pertes de l’odorat sont également appelés dysosmies. Ils concernent toutes les perceptions olfactives erronées.


Les différentes formes de dysosmies sont classées dans deux grandes familles :

  • Les dysosmies quantitatives qui constatent soit une perte (partielle ou totale) soit une augmentation de la sensibilité de l’odorat. On retrouve dans cette catégorie l’hyposmie, l’anosmie et l’hyperosmie.

  • Les dysosmies qualitatives qui provoquent une odeur en l’absence de toute stimulation olfactive, comme la cacosmie, la parosmie et la phantosmie.


Perdu(e) ? Voyons tous ces troubles dans le détail.



L'hyposmie ou la perte partielle de l'odorat


L’hyposmie entraîne une diminution de l’odorat. Il s’agit d’une perte partielle, qui altère l’odorat, soit qualitativement, soit quantitativement.


Les causes responsables d’hyposmie peuvent être nombreuses : infections virales (rhume, grippe, sinusite, COVID-19…), présence de polypes dans les fosses nasales, traumatisme crânien, etc.


Transitoire, mais d’une durée plus ou moins longue, elle est souvent déstabilisante au quotidien, voire réellement pénalisante.


L’anosmie ou la perte totale de l’odorat


L’anosmie caractérise la perte de l’odorat, elle peut être totale ou partielle. On parle d’anosmie « congénitale » lorsque l’on souffre de ce symptôme depuis la naissance.


L’anosmie est heureusement souvent transitoire, mais la perte de la saveur des aliments reste très invalidante au quotidien, allant des problèmes d’intoxication alimentaire ou de sécurité au syndrome dépressif.


L’hyperosmie ou l’hypersensibilité olfactive


Beaucoup plus rare que les deux précédents troubles, l’hyperosmie correspond à une hypersensibilité olfactive. Cette capacité à distinguer davantage d’odeurs différentes que la moyenne peut parfois devenir handicapante. Des odeurs particulières (comme les odeurs chimiques de parfums par exemple) peuvent entraîner au mieux une gêne, au pire de l’anxiété, voire de la dépression en cas de symptômes persistants.


L’hyperosmie est souvent associée à des maladies telles que la migraine, l’épilepsie ou la maladie de Lyme, mais on parle souvent de ce symptôme dans le cas des grossesses.


La cacosmie


La cacosmie est la perception d’une mauvaise odeur ou d’une odeur fétide par la personne (mais qui peut aussi être perçue par l’entourage), alors que le système olfactif est intact. La mauvaise odeur est présente dans les cavités nasales du sujet et peut avoir plusieurs causes :

  • mauvais état dentaire ;

  • foyer infectieux sinusien ;

  • amygdalite chronique ;

  • reflux gastro-œsophagien…

Une fois la cause traitée, celle-ci disparaît.


La parosmie


La parosmie correspond au dysfonctionnement de l’odorat qui modifie la perception d’une odeur connue (et souvent appréciée) en une odeur nauséabonde ou fétide. L’exemple souvent relaté est l’odeur d’une tasse de café transformée en odeur de brûlé, d’oignon, voire d’excrément...


La phantosmie ou hallucination olfactive


La phantosmie est la perception d’une odeur en l’absence de toute stimulation olfactive dans l’environnement. Cette hallucination olfactive est souvent due à une maladie neurologique (tumeur cérébrale ou épilepsie) ou psychiatrique (schizophrénie), mais elle est très fréquente en post-Covid.


La presbyosmie


Enfin, parmi les troubles de l’odorat, on peut aussi citer la presbyosmie. Elle correspond à la diminution ou perte d’odorat liée à l’âge. En effet, celle-ci apparaît vers 65 ans et s’installe insidieusement et progressivement jusqu’au jour où l’on s’aperçoit qu’on ne sent plus la saveur d’un plat ou d’un beau bouquet de fleurs. Heureusement, il ne s’agit pas d’une fatalité, pour cela il faut stimuler son nez chaque jour avec un panel d’odorants variés afin de booster ses neurones olfactifs.



Les troubles d’odorat sont souvent associés aux troubles du goût, appelés aussi dysgueusies.


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Les troubles du goût ou dysgueusies


Les troubles du goût comprennent l’hypogueusie, l’agueusie et la dysgueusie.


L’hypogueusie ou la perception moindre du goût


L’hypogueusie correspond à la diminution du sens gustatif. Il s’agit d’une perte de sensibilité et de saveur des aliments, entraînant une difficulté à les apprécier et à les différencier.

L’hypogueusie est souvent liée au tabagisme.


L’agueusie ou la perte totale de goût


L’agueusie est caractérisée par la perte totale du goût, souvent liée à une anosmie. À cause de l’altération des papilles gustatives, il est alors impossible de percevoir et distinguer les cinq saveurs : le sucré, le salé, l’amer, l’acide et l’umami.


La dysgueusie ou perception faussée des saveurs


La dysgueusie est une distorsion du goût. On parle souvent de goût métallique dans la bouche.


Les causes peuvent être multiples (virus, affections bucco-dentaires, reflux gastro-œsophagien, tabagisme, diabète, etc. Mais aussi la prise de certains médicaments).

L’altération peut être temporaire ou définitive.



Les troubles de l’odorat et du goût sont nombreux. Mais tous ces symptômes peuvent être pris en charge dans le cadre d’une rééducation olfactive, afin de stimuler et regagner ces sens. J’utilise la méthode OSTMR, thérapie olfactive particulièrement efficace dans ce cadre.


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